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Un saule pleurait


Parce qu'un jour une infirmière
Avait pris pour amant
Sur le bord de la guerre
Un officier allemand
Parce que les secrets très tôt
Rebondissent dans les rues
Près du moulin à eau
Ils étaient attendus

Parce qu'au-devant des fusils
Dans les plis du matin
Ils ont lâché leur vie
Sans se lâcher la main
Parce qu'au coin de la rivière
Caché par le feuillage
Il y'a un bout de terre
Où deux amants voyagent

    Au milieu d'un champ de bleuets
    Un saule pleurait

Parce que cinquante ans plus tard
La ville était venue
Dessiner au hachoir
Le plan des avenues
Parce que la mémoire se perd
Avec la liberté
Que les pères de nos pères
N'ont pas tout raconté

Parce que les champs, les rivières
Ça dure jamais longtemps
Quand le prix de la terre
Fait des bonds de géant
Parce qu'il était le dernier
À tendre encore ses branches
Au-dessus du charnier
Dans cette banlieue d'Avranches

    Tout près d'un marchand de bleuets
    Un saule pleurait

Parce qu’hier dans la cité
À côté de son tronc
Deux jeunes avaient tagué
"Je t’aime" sur le béton
Parce que l’histoire se répète
Avec d’autres blessures
Le temps d’une cigarette
On a repeint le mur

Parce qu'un jour une infirmière
Avait pris pour amant
Sur le bord de la guerre
Un officier allemand
Parce qu'aux premiers soirs d'automne
Presque cent ans après
Il n'y'avait plus personne
À part lui qui savait

    Dans une arrière-cour sans bleuets
    Un saule pleurait
    Un saule pleurait

Paroles et musique : Christophe Andréani




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