Adeline a de la peine
Avec un crayon rouge, elle dessine
Le tracé de ses veines sur sa peau
Sur le parquet violé on devine
L’acier glacé d’un couteau
Un ciel d’encre de Chine au plafond
Des bouts de verre tranchants dans sa main
De l’alcool, une coupure sur le front
Et dans son âme, un ravin
Elle a sur ses jolies joues
Des larmes de caoutchouc
Dans son lit de porcelaine
Adeline a de la peine
Petite poupée pâle sans histoires
Qui se sent poupée sale d’un seul coup
Elle n’a pas vu venir le barbare
Qui a flingué ses dessous
Elle est à deux doigts de faire
De toutes ses larmes un enfer
Dans son lit de porcelaine
Adeline a de la peine
Elle est à deux pas de dire
Au monde entier je me tire
Dans son lit de porcelaine
Adeline a de la peine
Avec un couteau rouge, elle dessine
Les ruisseaux de ses veines sur sa peau
Sur le parquet taché on devine
Les deux grandes ailes d’un oiseau
L’envol d’un oiseau


