Christophe Andreani Chanson - Sommaire

La route soixante-dix

Il collectionne les tramways miniatures
Les vieilles locos, les voitures
Son établi sent la colle et le bois
La peinture au bout des doigts
Des figurines se promènent
Immobiles
Un décor de fête foraine
S’illumine
Et malgré ses jeux d’enfants
Ça va faire bientôt mille ans
Qu’elle vit à côté de lui
Julie

Elle affectionne les frous-frous, les babioles
Les fanfreluches espagnoles
Elle coud des cols sur des robes à boutons
Qu’elle empile dans des cartons
Tous ses costumes de théâtre
S’empoussièrent
Adieu Manon, Cléopâtre
Et Molière
Malgré ses rêves de poupée
Ça fait un milliard d’années
Qu’il est heureux tout près d’elle
Michel

Elle et lui
C’est la route soixante-dix
Comme une grande cicatrice
Qui sépare leur deux vies
Elle et lui
C’est la route soixante-dix
L’Amérique à Rungis
Dans un pavillon gris

Les jours d’hiver, quand le brouillard s’agrippe
Elle fait mine d’avoir la grippe
Dans la cuisine, il met son pull de laine
Paprika et marjolaine
Il lui prépare un délice
Aux légumes
L’appelle : "Ma reine, mon Isis
Ma p’tite plume"
Voilà que pour une soirée
Ils sont tout proche, tout serré
Pour mieux se lâcher la main
Demain

Elle et lui
C’est la route soixante-dix
Comme une grande cicatrice
Qui sépare leur deux vies
Elle et lui
C’est la route soixante-dix
L’Amérique à Rungis
Dans un pavillon gris

Les jours suivants, il retrouve ses maquettes
Pendant qu’elle fait sa coquette
Chacun dans son monde à lui, loin de l’autre
Deux étrangers côte à côte
Il lui parle "automobiles
Miniatures"
Elle répond "gamme de textiles"
Et chaussures
Ils ne s’écoutent plus du tout
Mais c’qu’ils aiment par dessus tout
C’est regarder tous les deux
Blottis dans le creux du soir
Un film de
Renoir

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